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Un accord frontalier «historique» entre Israël et le Liban

Ce mardi 12, un accord qualifié « d’historique » entre Israël et le Liban concernant leur frontière maritime et leur partage du gaz a été conclu.






Après des années de tentatives vaines et d’échecs de pourparlers (le dernier datant de 2021), c’est grâce aux efforts fournis par les États-Unis que ces deux pays, qui ne se reconnaissent pas, ont pu clarifier leur frontière maritime mais aussi lever des obstacles concernant l’exploitation des gisements gaziers en méditerranée. Cependant, les détails de ce compromis, rédigé par le diplomate américain Amos Hochstein, n’ont pas encore été publiés, de même pour les modalités de signature officielle.


Côté israélien, cet accord permet de lever la menace que le Hezbollah faisait peser sur le gisement gazier de Karish, près des missiles d’Israël. La justification apportée côté libanais est le fait que la ligne 29, un tracé frontalier revendiqué par la délégation libanaise, traverse le champ de Karish. Néanmoins, cette ligne n’a jamais été officialisée par le Liban, seul un décret amendé en 2011 a permis de fixer la revendication du pays à la ligne 23, plus au nord. C’est donc sur la base de ce dernier tracé que la médiation américaine s’est faite. Un autre point sensible a aussi été évoqué, la reconnaissance de la « ligne des bouées ». Il s’agit d’une “ligne” mise en place par Israël après son retrait du Liban-Sud en 2000 et qui s’étend sur 6 kilomètres avant de rejoindre la ligne 23 revendiquée par le Liban.


Une des clauses du compromis porte également sur le partage de revenus éventuels émanant d’un gisement présumé, baptisé Cana ». Bien qu’il s’étende du côté israélien de la ligne 23, l’accès aurait été attribué au Liban. Un autre acteur a également été mobilisé dans ces négociations : le groupe TotalEnergies. Ce dernier sera notamment chargé de payer une redevance directement à Israël, selon des modalités non divulguées, et entamera l’exploration des eaux libanaises, notamment dans le bloc frontalier numéro 9.


Selon le chef du gouvernement israélien Yaïr Lapid, ce compromis va « renforcer la sécurité d’Israël, injecter des milliards dans l’économie israélienne et assurer la stabilité de (la) frontière nord ». Bien que la frontière terrestre reste à définir et que les nouvelles coordonnées sont en cours de validation par l’ONU, les Israéliens pourront déjà exploiter les gisements de Karish. Une décision qui prend sens à une période où l'Europe est en demande de gaz non russe. Gabriel Mitchell, membre du think tank israélien Mitvim, estime que l’avantage principal est de « tirer parti de ce champ gazier sans être menacé » et que cela peut être vu comme « un encouragement à plus de coopération régionale ». Ainsi, l’objectif d’Israël d’avoir un Liban plus stable et une diminution de l’influence du Hezbollah semble peu à peu se concrétiser.


Du côté du Liban, d’après le président Michel Aoun, ce compromis « répond aux demandes du Liban et préserve son droit à ses richesses naturelles ». Ainsi, les potentielles rentes ne pourront être que bénéfiques dans un contexte marqué par une sévère crise économique. Mais certaines personnes font part de leurs craintes, à l’image du professeur Kassem Ghorayeb de l’université de Beyrouth qui estime que les gains du Liban sont que « probables et différé ». Il est aussi important de noter qu’actuellement le pays manque d’infrastructures nécessaires pour mener à bien cette future exploitation.


Ana Puisset-Ruccella



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