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Les Ouighours : entre répression et atteinte à la vie privée



Depuis plusieurs mois, l’oppression de la communauté chinoise des ouighours est peu à peu mise en lumière. Cette communauté turcophone musulmane, si elle est une minorité à l’échelle de la République Populaire de Chine (RPC), est particulièrement présente dans la province du Xinjiang, à l’Ouest du pays. Dès les années 1980, la répression des Ouighours a été opérée par le régime chinois. Au départ, elle visait principalement la pratique de l’Islam, en interdisant la construction de mosquées. En réaction, de nombreuses manifestations ont eu lieu. Durant ces dernières, les forces chinoises ont ouvert le feu, faisant 60 morts.

Cette réaction du gouvernement chinois est symptomatique de la RPC depuis 1949. Des évènements semblables ont pu être constatés au Tibet après sa conquête en 1950, ou encore à Pékin après les manifestations étudiantes de la place Tiananmen en 1989. Dans chacune de ces situations, la population s’opposant au gouvernement a été tue de force par la violence, parfois de la main de militaires.


Des camps de détention


Des images satellites avaient éveillé le doute sur le traitement des Ouighours en Chine. On y voyait des structures semblables à des camps de détention à travers toute la province du Xinjiang. Puis de plus récentes études, basées sur le même principe, ont montré une augmentation du nombre de ces structures.

Les camps de détention et de séquestration, conçus pour les Ouighours par les autorités chinoises, se dénombrent aujourd’hui à plus de 380, pour une minorité d’environ 12 millions d’individus. Si ce type de camp, nommé Laogaï, n’est pas une nouveauté en Chine, c’est la première fois qu’il vise spécifiquement une communauté, créant l’indignation générale.

Depuis 1949, ils ont pour objectif « d’éduquer » les individus récalcitrants et les opposants au régime, par le biais du travail forcé et de la propagande. Cela nous laisse durement imaginer les conditions de vie des détenus. La torture et le travail forcé seraient courants au sein de ces camps. Des comparaisons ont par ailleurs été faites avec les camps de concentration du IIIe Reich, ou encore les goulags staliniens, montrant l’horreur de ces actes.


La vie privée bafouée


Parallèlement à ce phénomène, certaines enquêtes récentes ont montré que le gouvernement chinois s’introduisait dans le foyer même des familles Ouighours.

Effectivement, pour de nombreuses familles, du jour au lendemain est apparu un(e) « cousin(e) » à héberger quelques temps dans le domicile, souvent une semaine par mois. En réalité, ce sont des cadres de l’administration chinoise, chargés de surveiller la communauté musulmane. D’après Le Monde, lors d’une absence des parents, ces invités surprises questionnent les enfants sur le niveau de culture chinoise adopté par la famille. Cela passe par tous les aspects, allant de la place de la religion à la cuisine préparée à la maison. La question est de savoir s’ils sont de bons chinois ou non.

Au-delà de cette violation de la vie privée, des témoignages ont montré que les cadres, protégés par le régime, se permettaient de nombreux excès, comme des cas de viol et de harcèlement sexuel.


Le monde réagit


Actuellement, la question des Ouighours agite de plus en plus la communauté internationale. Certains organismes politiques, comme le Parlement canadien, commencent même à parler de génocide pour caractériser ce niveau d’oppression sur cette minorité. L’ampleur de cette accusation démontre à quel point la situation est préoccupante. L’opinion publique internationale montre aussi une inquiétude et un intérêt croissant pour la répression visible au Xinjiang. En septembre, le député européen Raphaël Glucksmann a appelé à se mobiliser pour cette cause. Les réseaux sociaux, particulièrement Instagram, ont alors joué un rôle important, avec le partage massif d’un carré bleu, la couleur du drapeau ouighour.


Au vu de ces attaques à répétition à l’encontre de cette minorité, c’est donc logiquement que la Chine provoque l’indignation générale. Il reste encore à voir quelles mesures pourront être prises pour endiguer cette répression, et quelle sera la réaction du régime chinois.




Tristan Jacquier

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